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Vie associative
 
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Le conseil d'administration de l'AD OCCE 32 se réunit 6 fois dans l'année et chaque fois que cela est nécessaire. Ces CA sont préparés par une réunion du Bureau.

L'Assemblée générale a lieu en février. En plus, de la partie statutaire, nous présentons quelques projets de l'année en cours, avec la participation de jeunes coopérateurs de nos classes.

Date des prochaines réunions de l'AD-32 :
- CA le 13 mars 2017

Comptes rendus des assemblées générales :

- AG du 9 février 2011

- AG du 1er février 2012

- AG du 30 janvier 2013  
     
- AG du 11 février 2014
(documents à consulter)
   
   
- AG du 4 février 2015
(documents à consulter)
(lettre aux coopératives)
 
       
- AG du 10 février 2016 :
Compte-rendu général Rapport moral (A1) Rapport financier (A2 - doc officiels)
Présentation conseil de classe par les élèves de l'école Jean Jaurès d'Auch (diaporama). Rapport financier A2 bis - (diapo) Rapport d'activités (A3 - page générale) Rapport d'activités (A4 - diapo)
       
- AG du 22 février 2017 :

Compte-rendu général

A1 : rapport moral A2 : rapport d'activité
  A3 : Écoles fleuries A4 : rapport financier (RCAC) A5 : Projet budget 2017-18
       
AG ordinaire du 14 février 2018
A1 : rapport moral A2 : rapport d'activité A3 : Écoles fleuries
Compte-rendu général
A4a : rapport financier A4b : rapport financier (CAC) A5 : Projet budget 2018-2019
AG extraordinaire du 14 février 2018 :
Compte-rendu

Le Conseil d'administration Statuts adoptés le 14 février 2018 - Règlement intérieur
Pouvoir pour l'AG 2018 (.pdf)    

Fédération OCCE

Conférence de Philippe Meirieu à l'AGN de Tours (juin 2018)

Philippe MeirieuIntroduction : apprendre et réapprendre sans cesse à éduquer et rééduquer ensemble. L'école n'a pas le monopole de l'éducation. Eduquer ensemble suppose : un projet éducatif guidé par le recherche du bien commun, mais aussi de s'émanciper de la forme scolaire pour réinstituer l'intention scolaire : « apprendre ensemble pour faire ensemble société. »
Au 19ème, deux modèles :
-modèle enseignement simultané : un maître pour un groupe d'élève de même âge, même niveau. On considère que tout le monde doit avoir les mêmes connaissances au même moment, au même âge.
- modèle mutualisé : groupe d'une centaine d'élèves avec un ou deux maîtres. Le maître doit organiser des groupes d'élèves qui travailleront sous l'égide d'un autre élève plus âgé.
Guizot pour des raisons économiques va imposer le modèle simultané, où seul le maître doit dispenser un savoir sur une classe homogène. Il crée le corps des inspecteurs. Les élèves travaillent individuellement et communiquent uniquement avec le maître.
J. Ferry va proposer des classes les plus homogènes possibles, en évitant le plus possible les classes uniques.
La classe est sanctuarisé.
Or l'école sert à apprendre ensemble, donc il faut interroger les modalités actuelles.

I. Une crise de l'éducation aujourd'hui
- disparition d'une référence morale unique. 
- montée de l'individualisme social. Suspicion envers les institutions, car chacun veut être traité comme un être exceptionnel. Rapports entre les parents et les enseignants dégradés. Aujourd'hui,  les écoles privées (idéologiques, politiques ou autres) ne laissent pas entrer les parents dans leur école, car ils ont un projet éducatif à opposer aux parents. Ce qui n'est pas le cas du public.
- changement du statut de l'enfant dans la configuration familiale. Paul Yonnet dit que jadis les parents faisaient une famille, aujourd'hui c'est l'enfant qui fait la famille. Auparavant la famille faisait le bonheur des enfants, aujourd'hui c'est l'enfant qui fait le bonheur des parents, et même mieux l'enfant distribue son amour en fonction de celui qui le satisfait le mieux. A la naissance, l'enfant est confronté à la frustration, il doit apprendre à attendre. Or actuellement, les enfants ne sortent pas de l’infantile.
- le « capitalisme pulsionnel » et l'urgence du sursis pour permettre à la pensée d'émerger. Il faut constamment satisfaire nos pulsions, et cela induit une consommation constante. Or si les désirs sont toujours assouvis, s'il n'y a plus d'attentes, cela crée une violence, une agression. Pourtant le désir permet la réflexion sur son avenir.
-le « présentisme » et l'absence d'un projet d'avenir plausible et partagé.

« C'est véritablement une tâche gigantesque qui se trouve assignée à chaque homme à tout instant. Il s'agit de tenir sous contrôle ses préventions, son plein de désirs, de pulsions, d'espoirs et d'intérêts, et suffisamment pour que l'autre ne devienne pas invisible ou ne demeure pas invisible. Qu'on puisse donner raison à l'autre, qu'on doive avoir tort contre soi-même et contre ses propres intérêts, voilà qui n'est pas facile à comprendre. »
Hans georg Gadamer, L'héritage de l'Europe

« Pour commencer, il fallut d'abord poser les lances. C'est ainsi que le clan, la tribu, les peuples ont su – et c'est ainsi que, demain, dans notre monde dit civilisé, les classes, les nations et aussi les individus doivent savoir – s'opposer sans se massacrer et s'affronter sans se sacrifier les uns les autres. (…) Les chroniques d'Arthur racontent comment le roi Arthur, avec l'aide d'un charpentier de Cornouailles, inventa cette merveille de la cour miraculeuse autour de laquelle les chevaliers ne se battirent plus.
Marcel Mauss, Essai sur le don

Les chevaliers de la table ronde devaient poser leurs lances sur la table ronde, c'est-à-dire déposer leurs armes, mais aussi leur violence. Cette symbolique permet de travailler ensemble, de discuter ensemble, de faire ensemble.

PestalozziII. Quelques repères et perspectives d'avenir
… à  prendre en compte par tous les partenaires éducatifs afin qu'ils les incarnent dans leur spécificité de manière convergente.
Les neurosciences permettent d'éclairer les actes éducatifs. Cependant elles posent les bases entre les mécanismes cérébraux et les bases du comportement humain.

1. Dans une société où la réussite individuelle est supposée contribuer spontanément à l'intérêt collectif : l'Ecole doit travailler inlassablement à la mise en place de formes de coopération qui profitent à tous et construisent du commun. Le travail de celui qui va organiser la coopération, doit donner assez de finalisation pour permettre au groupe d'apprendre ensemble, mais en même temps ne doit pas empêcher de produire. Construire un projet commun valorisant. Vigilance permanente pour éviter l'individualisation ou la marginalisation. Freinet va créer les brevets pour construire du coopératif avec comme objectif la construction de chacun dans un projet commun.
Réintroduire l'entraide entre élève comme outil pour faire progresser.
L'école n'est plus un lieu de socialisation : du coup la socialisation se fait dans les clubs sportifs ou humanitaires ou gangs. Or l'entraide permettrait cette socialisation. La solidarité doit être au cœur de l'école publique.

2. Dans une société où la satisfaction pulsionnelle, l'attractivité et l'immédiateté l'emportent systématiquement sur la quête de la précision, de la justesse et de la vérité : l'Ecole doit travailler le sursis qui permet l'émergence de la pensée, l'entrée dans la réflexivité, le « nourrissage » par la culture. Voir travaux de Korczak. L'école doit permettre de donner du temps pour interroger, pour s'interroger et développer des apprentissages.

3. Dans une société où le consommable et l'obsolète l'emportent souvent dans le cadre d'une « pédagogie bancaire » : l'Ecole doit faire de la remise en chantier, du « travail vrai » sans cesse amélioré, de l'élaboration du « chef d'œuvre » dans « la patience d'atelier » …. la forme « normale » de l'évaluation, celle qui permet « non pas de devenir meilleur que les autres, mais meilleur que soi-même »

4. Dans une société de la virtualisation de l'économie, des échanges entre les humains et des échanges entre les humains et le monde : l'Ecole doit faire de la rencontre avec la résistance de l'objet et du dialogue avec lui une forme de travail essentielle, constitutive de la construction de l'attention et de l'entrée dans « l'œuvre ». L'enfant doit se confronter avec quelque chose qu'il doit faire. Or cela est essentiel pour que l'enfant puisse se confronter à la limite de sa toute puissance : exemple, faire construire un objet impossible (tabouret sans colle ni clou). Or le travail manuel est nécessaire pour le développement de l'enfant, et ne nuit pas au travail intellectuel. Toute activité a ses deux dimensions. Etre attentif est aujourd'hui très difficile car la conception d'un objet est vu que d'un point de vue exclusivement intellectuel. Or le manuel fait travailler les deux dimensions.

5. Dans une société où nous croyons pouvoir trouver notre satisfaction et satisfaire nos désirs dans la consommation de l'épuisable : l'Ecole doit permettre à chacune et à chacun d'accéder aux biens communs fondamentaux, ainsi que de trouver sa satisfaction et de satisfaire ses désirs dans le partage de l'inépuisable. Exemple le partage de la culture. Les enfants doivent trouver du plaisir dans le partage, le faire ensemble. D'où la coopération. C'est un enjeu de société majeur.

Conclusion : enjeu : tenir parole.
« Le plus grand mal que tu puisses leur faire, c'est de promettre et de ne pas tenir. D'ailleurs, tu le paieras cher et ce sera justice. »

Fernand Deligny, Graine de crapule